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La vérité sur l’état des travaux du stade de Nongo

Après l’effervescence de la cérémonie d’investiture du Président Mamadi Doumbouya au stade de Nongo, l’heure est désormais au bilan technique. Si l’événement fut une réussite organisationnelle, il ne doit pas occulter l’urgence d’achever les travaux pour obtenir l’homologation de cette infrastructure.

Contrairement à certaines affirmations rassurantes, le stade Général Lansana Conté est encore loin des normes requises. Le chantier prioritaire demeure la pelouse : l’installation d’un gazon naturel, doté d’un système d’arrosage automatique moderne, nécessite au minimum trois mois de travaux, hors cas de force majeure. Si les opérations de placage débutent en février, la surface de jeu ne pourra être opérationnelle qu’au mois de mai.

Au-delà de la pelouse, le constat est amer concernant les infrastructures intérieures. Alors que le stade disposait initialement de vestiaires et de toilettes fonctionnels, ces installations ont été démolies.

Ce choix interroge : s’agissait-il d’une réelle nécessité technique ou d’une manœuvre visant à multiplier les dépenses publiques au profit d’intérêts privés ?

Aujourd’hui, tout est à refaire : vestiaires, bureaux des officiels et centre médical doivent être entièrement rééquipés pour espérer le feu vert de la Confédération Africaine de Football (CAF).

Il est important de rappeler qu’en 2022, la mise aux normes de Nongo ne nécessitait que des ajustements ciblés : une pelouse de qualité, le bétonnage du parking, la pose de sièges en tribune non couverte et le réaménagement de la zone presse.

Malheureusement, ces acquis semblent avoir été balayés, au mépris des investissements passés, notamment ceux d’Antonio Souaré qui avait mis ses propres projets en pause pour répondre à l’appel de l’État.

Le paradoxe est frappant : ce stade, qui a pourtant accueilli par le passé des rencontres internationales comme Sierra Leone-Bénin ou les matchs du Syli National, se retrouve aujourd’hui dans une impasse.

Le football guinéen n’a pas besoin de polémiques stériles ou de nominations par affinités, mais d’expertise et de résultats concrets. Si les travaux sont menés avec célérité et transparence, un expert de la CAF pourrait valider l’homologation d’ici cinq mois.

Il est temps que les actes sur le terrain remplacent les bruits de couloir pour que la Guinée retrouve enfin une enceinte digne de son rang.