Conakry : l’assainissement, un défi collectif et une mission de fermeté
L’assainissement de Conakry ne devrait plus être perçu comme la responsabilité exclusive d’un département ministériel. Il s’agit d’un enjeu collectif qui engage chacun des habitants de la capitale. Les déchets qui envahissent les rues ne viennent de nulle part , ils sont produits par la population elle-même, puis abandonnés sans gestion responsable. Or, la propreté urbaine conditionne directement la santé publique et le cadre de vie.
Dans ce contexte, la mission confiée au ministre Aboubacar suscite des attentes fortes. De nombreux internautes estiment que son approche, marquée par une fermeté assumée face à l’incivisme, pourrait produire des résultats concrets.
Le responsable sectoriel se distingue en effet par une intransigeance affichée envers l’indiscipline et les comportements à risques environnementaux, conscient des conséquences sanitaires et sociales qu’ils entraînent.
Depuis sa prise de fonction, le ministre multiplie les descentes sur le terrain. Dialogues avec les collectivités, rencontres avec les acteurs locaux, écoute des communautés .
Sa méthode repose sur une immersion constante dans la réalité de ceux qui, au quotidien, produisent et gèrent les déchets. Cette approche n’est pas nouvelle pour lui , de 2012 à 2020, il avait déjà dirigé un important programme d’assainissement en milieu rural avec l’appui de l’UNICEF.
Selon plusieurs spécialistes, si des moyens adaptés sont mobilisés et si la population s’engage pleinement, le visage de Conakry pourrait changer radicalement en l’espace de six mois.
Le facteur humain reste toutefois déterminant , qu’on apprécie ou non le ministre, beaucoup reconnaissent sa capacité à obtenir des résultats et à imposer une culture de responsabilité.
La lutte contre l’incivisme, qu’il s’agisse des dépôts sauvages ou des nuisances sonores, constitue l’un des volets centraux de son action. Peu avant lui avaient pris le risque politique d’engager une répression systématique des comportements déviants, pourtant responsables d’une large partie de la dégradation environnementale.
Selon les informations portées à notre connaissance par le Département, il apparaît désormais avec évidence que le système actuel d’abonnement direct des ménages aux PME de salubrité ne saurait, à lui seul, constituer une solution durable.
Cette réalité est d’autant plus manifeste que le taux de recouvrement des factures d’eau et d’électricité demeure encore insuffisant dans notre pays.
C’est dans cette perspective que Monsieur le Ministre entend, dès janvier 2026, adosser la redevance d’assainissement et de gestion des eaux usées aux factures d’eau et d’électricité. Une telle réforme, à la fois socialement équitable et économiquement rationnelle, permettra de corriger une profonde injustice ,aujourd’hui, seule une minorité de ménages est effectivement abonnée, tandis que la majorité continue de bénéficier du service de collecte des ordures sur financement direct du contribuable. Ce mécanisme, déjà éprouvé dans plusieurs pays, notamment au Maroc et ailleurs, a largement fait la preuve de son efficacité.
Dans ce nouveau dispositif, les PME ne seront plus rétribuées sur la base de forfaits approximatifs, mais sur la base des quantités réelles d’ordures effectivement acheminées vers les zones de transit. Il s’agit là d’un changement de paradigme majeur, instaurant une culture de performance, de traçabilité, de transparence et de responsabilité dans la gestion des déchets.
Comme l’a clairement indiqué le Ministre, ce mécanisme, s’il est pleinement soutenu, permettra la création de plus de 1 200 emplois directs, contribuant ainsi de manière significative à la lutte contre le chômage, en particulier chez les jeunes, tout en professionnalisant durablement le secteur de l’assainissement.
Par ailleurs, il est également établi que la fermeture de la décharge de Hamdallaye est désormais imminente. Dans cette même dynamique de modernisation, plusieurs entreprises chinoises sont actuellement en discussion avancée avec les autorités nationales en vue de la transformation des déchets en énergie électrique, afin d’accélérer le processus de valorisation énergétique et de réduire durablement les nuisances environnementales.
Le Ministre inscrit ainsi son action dans une vision résolument tournée vers la transformation structurelle et la modernisation profonde du système national d’assainissement, au service de l’équité sociale, de la création d’emplois, de la performance économique et de la protection durable de l’environnement.
Les pouvoirs publics reconnaissent toutefois que l’État ne peut tout faire. Aucun dispositif aussi coûteux soit-il ne pourra produire d’effets durables sans une adhésion massive de la population. La lutte contre l’incivisme demeure un combat citoyen avant d’être institutionnel.
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Pour les autorités, l’assainissement de Conakry transcende les débats politiques , il touche à la santé, à l’image du pays et au vivre-ensemble. Le mot d’ordre affiché est sans ambiguïté : zéro tolérance.
Reste désormais à transformer cette volonté politique et citoyenne en actions durables.
Une tribune de M. Abdoul latif Diallo